Le harnais qui ne gêne plus mes manœuvres, trouvé après trois essais

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Je suis partie de Port-Vendres avec le harnais trop haut, et le pontet m’a cogné le bas-ventre dès le premier bord. Le matin était frais, le ciré encore humide, et je sentais déjà si la ceinture travaillait au bassin ou dans mes côtes. Je vis à deux, chez moi c’est la vie à deux, sans enfant et je teste ce genre de matériel quand le quai est encore vide. À Collioure, je garde ce genre de note au propre, parce que le détail compte plus que le discours.

sur le harnais qui ne gêne plus, je m’y prenais mal, clairement

Sur ma première sortie, j’ai été frappée par le volume du harnais dès la sortie du port. J’ai navigué 6 heures au près, avec 18 nœuds et une mer déjà cassée, et la ceinture est remontée au bout de quelques bordées. La remontée m’a coupé la respiration quand je me suis penchée pour border. J’ai compris, un peu tard, que le pontet ne devait pas venir me heurter les côtes à chaque appui.

Mon premier essai était aussi trop grand. Au premier appui, la ceinture a glissé, puis j’ai vu une bretelle vrillée après trois virements serrés. J’ai laissé les sangles mal réparties, et la traction est partie de travers dès que le bateau a pris un peu de gîte. Le pontet tapait dans le bas-ventre quand je m’asseyais, et je me suis retrouvée à remettre le harnais en place presque à chaque manœuvre.

La gêne est arrivée par petites touches. J’ai senti une chaleur nette sur l’os de la hanche avant la vraie douleur, puis un frottement intérieur des cuisses après une heure de route au près. Le petit bruit du mousqueton contre le rail m’a servi d’alerte avant que ça devienne franchement pénible. Je n’avais pas de gros blocage au début, puis la respiration est devenue moins libre quand je me suis penchée sur l’écoute.

Je suis rentrée avec l’impression d’avoir porté un modèle trop volumineux pour la navigation côtière. J’ai noté que le confort affiché à quai ne veut rien dire si le harnais remonte dès la première charge. Je l’ai essayé sans le ciré et sans le gilet, et cette version-là m’a trompée. La place prise au torse était déjà de trop, même avant les vrais gestes de bord.

Trois semaines plus tard, la surprise avec un réglage millimétré

Trois semaines plus tard, j’ai repris le même harnais sur 3 sorties de 5 heures, avec des vents montés jusqu’à 25 nœuds. J’ai noté chaque cran, chaque appui, et chaque moment où la ceinture restait à sa place. J’ai navigué en côtier, avec des virements répétés et des reprises d’écoute, parce que c’est là que le matériel parle. chez moi c’est la vie à deux, sans enfant, et je voulais voir si le volume me gênait encore quand je bougeais vite.

J’ai commencé par les sous-cutales. Je les ai resserrées par petites touches, jusqu’à ce que la sangle d’entrejambe reste bien sous les cuisses sans tirer dans le pli. Quand elle est trop courte, le frottement se fixe après une heure, et je l’ai senti dès la deuxième sortie. Avec le bon réglage, la pression s’est répartie plus bas, et la sensation de rougeur n’est pas venue au retour.

Pour le pontet, j’ai laissé 4 centimètres sous le nombril, pas plus haut. Je l’ai gardé au niveau du bassin, jamais sous le bas du sternum, et le centrage est devenu visible dès les premiers virements. Le pontet est resté face au nombril, et la traction n’est plus partie de travers quand le bateau a gîté. Sur 11 virements d’affilée, je n’ai pas eu à remettre la main sur la ceinture.

Ce réglage millimétré a changé la sensation au winch. La sangle qui fait un plat sous le ciré n’écrasait plus mes côtes, et je passais la main sans cogner le ventre. J’ai été convaincue quand j’ai repris une écoute sous charge sans me plier en deux. Le harnais se faisait oublier jusque dans les gestes les plus bêtes, et c’est là que j’ai vu la différence.

Ce que j’aurais dû vérifier avant de partir

Le premier piège, je l’ai pris de face. J’avais essayé le harnais à sec, puis j’ai ajouté le gilet et le ciré, et le volume a changé d’un coup. Une fois habillée pour de vrai, la ceinture remontait plus vite, et les points durs arrivaient pile sur les côtes. Avec mon compagnon, sans enfants, je refais désormais ce test dès que je change de couche au-dessus du harnais.

Le deuxième piège, c’était l’essai trop court au port. Dix minutes sur le quai m’ont paru rassurantes, puis après 2 heures de navigation j’ai vu la vraie différence. J’ai appris à me méfier de ce moment où tout semble propre à l’arrêt. En mer, la ceinture tourne, la gîte s’installe, et le harnais révèle son vrai volume.

J’ai aussi vécu une sortie où j’ai failli lâcher l’affaire. Après un virement serré, le pontet s’est décalé et la traction a pris de travers, juste assez pour me gâcher le bord suivant. J’ai raccourci puis mieux réparti les sangles, et le harnais a retrouvé son axe. Je suis rentrée avec le réglage revu, et j’ai compris que le moindre cran changeait tout.

Le point net,après trois essais et plusieurs sorties longues

Sur mes 3 sorties de 5 heures, j’ai gardé le harnais sans réajuster pendant 11 virements, puis encore 4 heures sans gêne nette sur la dernière sortie. Le pontet est resté centré face à mon nombril, et je n’ai plus senti la ceinture remonter quand je penchais le buste. J’ai vu que le bon réglage se lit dans ce silence-là, quand le matériel disparaît au lieu de commander mes gestes.

Je garde pourtant deux limites en tête. Ce harnais me paraît taillé pour la navigation côtière et pour des sorties où je peux reprendre le réglage avant de partir. Avec un gilet trop épais, j’ai retrouvé des points durs, et je ne le porterais pas de la même façon pour un programme plus engagé. Je ne sais pas si je garderais le même confort sur un bord plus long, avec plus de charge et moins de pauses.

Pour quelqu’un qui accepte de reprendre les sangles avant chaque sortie, je trouve ce harnais-ceinture très lisible. Il a cessé de me remonter sur les côtes, il a limité les frottements, et il m’a rendu mes manœuvres plus fluides. À Port-Vendres, puis sur le retour vers Collioure, je suis rentrée avec une idée nette de ce qui marche pour moi. Ce soir, je range ces notes pour Form Marine et je garde le même réflexe au prochain départ.

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