Le gilet gonflable automatique vaut-il vraiment mieux qu’un mousse en côtier ?

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À Port-Vendres, le gilet gonflable automatique collait encore au banc, humide de sel, quand j’ai passé la main dessus. Le clac de la boucle m’a fait lever les yeux vers la bôme.

À Collioure, à deux pas du port, mon ancien mousse me brûlait la nuque dès que le thermique tombait. je vis à deux, sans enfant, et je vais te dire pour qui ce changement vaut le coup, et pour qui il vaut mieux passer son chemin.

Pourquoi j’ai choisi de changer mon gilet mousse pour un gonflable automatique

Je navigue en côtier entre le Cap Béar et le Cap de Creus, avec des départs courts et des virements qui s’enchaînent. Avec mon compagnon, sans enfants, je voulais garder les épaules libres pour border, choquer et passer sous la bôme sans penser au gilet. Mon ancien mousse faisait le travail, mais il me rappelait sa présence à chaque geste.

J’ai hésité entre trois options. Le mousse restait le plus simple, le manuel me faisait peur dans le feu de l’action, et l’automatique en 150 N me semblait plus pertinent pour mes sorties. J’ai appris que le confort finit par dicter ce qu’on porte vraiment, pas la fiche technique.

Je suis partie avec l’idée de voir si la légèreté tenait en mer et pas seulement au ponton. J’ai été convaincue dès l’essayage, parce que le gilet laissait les bras libres, même avec la longe et la radio. Le kit de réarmement à 20 euros m’a paru supportable, bien moins absurde qu’un achat que je laisserais au crochet.

sur le gilet gonflable automatique, la réalité m’a rattrapée

La première sortie, je me suis retrouvée avec un gilet qui disparaissait presque sur le torse. Je l’ai oublié en manœuvre, ce qui m’a surprise, parce que je pensais sentir un bloc rigide sous le menton. Le contraste avec le mousse était net dès le premier bord.

En quittant le ponton, j’ai vu le petit carré témoin vert/rouge sur le boîtier. Le jour où la fenêtre n’était plus franchement au vert, je me suis retrouvée à vérifier la cartouche avant même d’ouvrir l’écoute. Une cartouche un peu piquée par le sel, avec sa trace blanche au boîtier, suffit à me faire douter.

C’est là que j’ai compris le piège. Sans sangle sous-cutale, le boudin peut remonter de travers et gêner la mâchoire. J’ai resserré la mienne de 2 crans après un virement serré, et le problème a changé de visage.

Le pire est venu sous une averse, au retour. Le claquement sec de la cartouche CO2 a résonné au ponton, et je suis rentrée avec un gilet à réarmer, trempée, un peu agacée, oui je sais, je m’étais jurée de ne plus laisser ça au hasard. Je me suis sentie bête, parce que la sortie suivante dépendait déjà de ce détail.

Le déclic est arrivé ce matin-là, en voyant que la fenêtre n’était plus au vert. J’ai alors compris qu’un gonflable non armé, ou vaguement armé, ne vaut rien si je ne regarde pas le boîtier avant d’appareiller. J’ai aussi appris à ne plus ranger le gilet humide, parce que le sel finit toujours par parler plus fort que moi.

Trois semaines plus tard, le confort du gonflable face aux limites du mousse

Trois semaines plus tard, je l’oubliais presque dès l’appareillage. Bien réglé, le gilet gonflable automatique se fait oublier sur le corps, et la sangle sous-cutale change tout quand je passe d’un bord à l’autre. Je me suis sentie plus libre à la barre comme au poste d’écoute.

Le mousse, lui, est resté sur un crochet pour un invité et pour une sortie plus vive, par mer formée. Il protège tout de suite, mais la rigidité des mousses appuie sous les aisselles, chauffe vite, et tire sur la nuque après quelques heures. Je l’ai remis sur le dos après une heure, puis reposé aussitôt.

C’est là que le contraste devient net. En navigation assise, au rappel ou quand je barre longtemps, le col remonte, les épaules se ferment, et je pense au gilet au lieu de penser à la mer. J’ai appris que le détail qui fatigue le moins est dans presque tous des cas celui qu’on porte vraiment.

Le revers du gonflable, je ne le cache pas, c’est l’entretien. Après chaque sortie salée, je le rince, je le sèche à plat et je regarde le boîtier. En 4 saisons, j’ai compris qu’un gonflable réglé une fois ne mérite jamais qu’on l’oublie. Je contrôle la cartouche, le pliage et le témoin avant de le ranger.

Pour qui le gonflable automatique vaut-il vraiment le coup, et quand vaut-il mieux passer son chemin

je le retiens pour quelqu’un qui navigue en côtier trois à cinq heures, qui veut garder les bras libres et qui accepte de vérifier le boîtier avant chaque départ. C’est mon cas, avec mon compagnon, sans enfants, quand je pars de Port-Vendres et que la sortie peut durer jusqu’au Cap Béar. Le gonflable prend alors sa place sans m’alourdir.

Je le trouve aussi pertinent pour un skipper qui bouge beaucoup sur le pont, porte une longe, ou enchaîne les manœuvres avec peu de répit. je vis à deux, sans enfant et ce format me permet de porter le gilet toute la journée sans y penser. Pour quelqu’un qui accepte de rincer, sécher et contrôler le mécanisme, il tient sa promesse.

POUR QUI NON. Je le déconseille à l’équipier de passage qui oublie déjà de fermer un ciré, à la personne qui veut partir en moins de deux minutes, et à celle qui laisse le matériel humide dans un coffre. Le mousse reste plus simple pour un invité, pour un départ un peu brusque, ou pour quelqu’un qui n’a pas envie de regarder un témoin vert/rouge.

J’ai aussi gardé une alternative en tête. Le gonflable manuel me paraît moins confortable dans le stress, le mousse plus fin chauffe moins mais reste là, et le mélange des deux marche bien à bord. J’aime cette logique simple, automatique pour moi, mousse pour une personne de passage, sans forcer tout le monde à porter le même compromis. Je ne parle ici que du côtier et de mes sorties de jour, pour le reste je laisse la place à un chef de bord ou à un professionnel de la sécurité.

Sur le gilet gonflable automatique, voici mon verdict.

POUR QUI OUI. Je le recommande à quelqu’un qui navigue seul ou en duo, qui sort par plages de 2 heures ou plus, et qui veut un gilet presque invisible sur le corps. Je le vois bien pour un couple sans enfant, pour un skipper qui manœuvre sans arrêt, ou pour un équipier qui supporte mal la chaleur du mousse. Si tu veux un modèle qu’on porte réellement du quai à l’arrivée, le gonflable automatique gagne.

POUR QUI NON. Je le laisse de côté pour un invité de passage, pour un départ salé et pressé, ou pour quelqu’un qui range son matériel au fond du bateau sans le regarder. Le mousse reste plus franc, plus lisible, et moins capricieux. Je le préfère aussi quand je sais que le bateau va être mouillé en permanence et que personne n’a envie de surveiller une cartouche.

Le juste mot,je choisis le gonflable automatique pour mes navigations côtières, parce qu’à Port-Vendres et jusqu’au Cap Béar, je le porte vraiment, alors que le mousse finissait trop vite au crochet. Pour quelqu’un qui accepte de rincer, sécher et contrôler le boîtier, il vaut le coup. Pour quelqu’un qui oublie ce rituel ou qui embarque sans repère, le mousse reste le choix le plus net.

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